Le violoniste

 

 
Le violoniste - Mechtildt Borrman - Editions Le Livre de Poche
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Mechtild Borrman

Editions Le Livre de Poche Policier
 7,30 €
Policier

1948. Moscou. Ilia Vassilievitch Grenko, un violoniste de grand renom, est arrêté à l’issue d’un concert. Son crime : avoir commis l’erreur de demander une autorisation de sortie du territoire pour sa femme et ses deux enfants afin qu’ils le suivent en concert à Vienne, un geste interprété par les autorités comme une tentative de fuite et de collaboration avec des puissances étrangères. Le Ministère de l’Intérieur russe fait croire à sa fuite à l’étranger. Après un passage dans les geôles de la sinistre Loubianka, il est condamné à 20 ans de travail forcé et emprisonné dans les mines de charbon de Vorkouta. Sa femme, Galina, est condamnée de même, pour la simple raison qu’elle est son épouse, destituée de tous ses biens et exilée avec ses deux enfants à Karaganda au Kazakhstan…
2008 : Sacha Grenko reçoit un appel de sa sœur Vika, de qui il a été séparé à la mort de leurs parents. Lui avait été placé de foyers, elle, adoptée… Elle l’a retrouvé, a besoin de son aide et lui demande de la rejoindre à Munich. Sacha a à peine le temps de l’approcher qu’elle est tuée sous ses yeux. La jeune femme a laissé à son attention une clé de consigne, à l’intérieur de laquelle il trouve un sac contenant de vieux papiers et un album photos. En les examinant, il apprend que Ilia Vassilievitch Grenko était son grand-père, comprend que sa sœur voulait retrouver le célèbre Stradivarius du musicien, mais surtout réhabiliter son grand-père. Sacha va devoir retourner en Russie pour reprendre l’enquête démarrée par Vika et renouer avec son passé.
Ce roman policier est particulièrement attachant. Le lecteur est invité à suivre avec compassion l’exil de Galina et l’emprisonnement d’Ilia. La description de leurs conditions de survie s’appuie sur la réalité dont ont témoigné des relégués russes durant les purges staliniennes. Tout semble si vrai : l’horreur de la répression quotidienne pour transformer des hommes en esclaves au nom d’une idéologie, la corruption qui gangrène les rouages de la « justice », l’énergie, l’inventivité dont font preuve ceux qui luttent contre la faim et la mort qui s’abat sur ceux, épuisés, ne trouvent plus de force pour lutter. On est inquiet pour les Grenko. Vont-ils réussir à survivre ? Sacha réussira t-il à retrouver le fameux violon ? Un seul bémol à cette histoire : l’enquête de Sacha manque de cette force de conviction qu’ont les deux autres récits. La facilité avec laquelle il trouve (trop) facilement l’aide nécessaire pour l’avancée de sa recherche, le manque d’ampleur de son personnage en sont peut-être les raisons. Un bon polar tout de même, à découvrir.

 Extraits : ” Il avait développé la théorie selon laquelle l’existence des hommes est comparable à des planètes sur leur orbite. D’après lui, chaque rencontre influait sur ce parcours, comme une collision modifie une trajectoire. Parfois, ce n’étaient que de petites collisions. D’autres fois les heurs, violents, donnaient une toute autre direction à la vie, indépendamment du degré de proximité ou de la fréquence des relations qu’on avait avec la personne. »

« Kourach l’avait traité plus bas que terre, et il n’avait eu qu’une hâte, celle de quitter ce personnage détestable et arrogant, et de sortir de son bureau. Mais dès qu’ils l’avaient ramené dans sa cellule, il aurait tout donné pour y retourner. Au moins Kourach lui avait parlé. Après tant de jours d’isolement, le fait d’entendre son propre nom avait été comme un soulagement, malgré l’humiliation. Ilia Vassilievitch Grenko ! Kourach l’avait regardé, lui avait adressé la parole. Ilia Vassilievitch Grenka. Il existait ! »

« Dans les jours qui suivirent, il aurait voulu mourir, pourtant il dévorait le bouillon et le pain comme si la seule chose qui lui importât était de rester en vie. En signant sa confession le 21 mai, quinze jours après son incarcération, il avait le sentiment d’avoir vendu sa vie ».

« Quand ils rentraient le soir en ville, épuisés par dix heures de travail Galina s’assoupissait généralement à l’arrière du camion. Elle avait ensuite une heure de marche pour regagner son hameau. Six jours sur sept, elle passait entre treize et quatorze heures en dehors de la maison, et il n’était pas rare que les enfants dorment à son retour. De plus en plus souvent, Pavel et Ossip se trompaient, appelant Lidia « maman ». Cela lui fendait le cœur. »

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