Vie et oeuvre de Constantin Erod

Vie et oeuvre de Constantin Erod - Julien Donadille - Editions Grasset
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Julien Donadille

 

Editions Grasset
 19,00 €
Roman

Milieu des années 1990. Yves Kerigny, jeune attaché culturel à l’Ambassade de France à Rome, fait la connaissance de Constantin Erod, prince slovaque en exil. C’est un personnage quelque peu mystérieux, séducteur… Il peut être à la fois grand seigneur et grossier par moments. Bon vivant, exubérant, c’est également un homme érudit qui parle et lit plusieurs langues. Kerigny, charmé par le personnage, devient son ami. Constantin souhaite rétablir la monarchie dans son pays. Il veut être  reconnu selon son rang, sa valeur, ses mérites, et reprendre le trône que dont il est l’héritier. Pour se faire, il va ordonner d’horribles exactions, notamment contre les musulmans. Condamné moralement par son ami, il le sera également par le Tribunal pénal international qui le voue à la prison à vie.
15 ans plus tard, en 2005, Kerigny révise des ouvrages traduits de l’italien pour une maison d’édition parisienne. Un jour, un homme vient le chercher. Il est « convié » immédiatement et conduit à l’ambassade de Slovanie. Entre déférence et brutalité, l’ambassadeur le questionne sur son amitié avec Constantin XIV l’usurpateur, à présent décédé. Avant de mourir, l’ex-roi a en effet réussi à faire sortir de sa cellule un des biens qui lui restait, l’a fait mettre en lieu sûr dans un coffre de la banque du Vatican et l’a légué. L’éditeur est sommé d’aller le récupérer et de le remettre à l’ambassadeur… Que contient-il ? Que va découvrir Yves Kerigny sur celui qui fut, pendant quelques mois, son ami ? Etait-il vraiment celui qu’il prétendait être ? Autant de questions pour lesquelles nous n’aurons de réponses qu’à la toute fin, complètement surprenante et originale, du roman. L’autre plaisir que nous procure la lecture de ce livre, c’est le « troisième personnage » de cette histoire ; Rome, si bien décrite par le narrateur. La Rome touristique bien évidemment mais aussi celle, plus secrète, des quartiers populaires, des ministères, des ambassades et autres organisations internationales. Le lecteur se promène, sous la pluie ou le soleil, en compagnie des deux héros. Enfin, Vie et œuvre de Constantin Erod pose un regard sur le monde inconnu de la diplomatie. Immergés dans ce milieu très fermé, témoins des chocs de l’Histoire, nous voyons se faire et défaire les alliances autour du « problème slovane »,  comme cela l’est sans doute, dans la réalité, à chaque nouveau conflit.

 Extraits :  « Je me laisse toujours surprendre pas les gens. Peut-être parce que mon mouvement de départ est rarement généreux : je me méfie d’abord, ça n’est pas tant la crainte d’être « objectivée mais plutôt l’inverse, cette impression que les autres « s’objectivent » devant moi. On rencontre les hommes comme on passe devant la vitrine d’un grand magasin, ils ne nous présentent que la face prétendument avantageuse d’eux-mêmes. La plupart du temps hélas, ça n’est qu’une copie de mauvaise qualité, une illusion clinquante, il faut de longues conversations en tête à tête pour espérer entrevoir la vérité d’un être. Je découvrais ainsi un Pierre curieux, sensible, cultivé, qui ne se départait toutefois jamais d’une forme d’humour pince-sans-rire, c’était sa façon à lui de combattre la langue de bois diplomatique dans laquelle il baignait la plupart du temps.

« Aussi détestable qu’il parût à tous, il faisait montre d’une intelligence analytique acérée – celle qui lui avait permis de réussir tous ses concours – et d’une stupéfiante mémoire qui lui permettaient de se tirer de toutes les situations qui auraient pu lui porter préjudice. Sans être proprement fainéant – il pouvait rester au palais Farnèse jusque tard dans la nuit-, il négligeait la plupart des dossiers placés sou sa responsabilité, car indignes de lui, et ne parvenait pas à rester en place que par cette aptitude, très Sciences Po, à faire illusion à partir d’un matériau très frustre. Dans les circonstances sociales – nombreuses – que lui imposait sa fonction, il excellait par sa capacité, très politique, à se souvenir des noms et des visages, à retenir l’anecdote utile qui lui permettait de créer du lien : des gens qui ne le fréquentaient que de loin croyaient y voir le signe de convictions très affirmées. »

« Certaines personnes sont capables de parler de toutes sortes de sujets, d’autres ne sont à l’aise qu’avec un seul. On croit souvent les premières plus cultivées que les secondes, c’est ignorer qu’on peut dire beaucoup de bêtises sur beaucoup de sujets, quand on peut faire preuve d’une grande finesse dans le maniement du même. Il s’agit d’une conformation d’esprit plutôt que d’une question de culture, d’une manière de projeter son intelligence : on regarde parfois de haut ceux qui ne savent parler que de football ou de voitures, mais les meilleurs d’entre eux en dissertent. 

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