Les temps sauvages

Yerruldegger Les temps sauvage - Ian Manook - Editions Albin Michel
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Yerruldegger Les temps sauvage – Ian Manook – Editions Albin Michel
Les temps sauvages – Yeruldegger

Ian Manook

Editions Albin Michel
22 €
Roman

 En Mongolie, entre modernité et tradition, quand deux enquêtes se rejoignent, on peut être sûr que la recherche de la vérité sera compliquée et l’affaire tentaculaire. L’inspectrice Oyun se rend sur une scène de crime bien originale : un cadavre de yack recouvre celui d’un cheval et de son cavalier. Yeruldegger, quant à lui, doit enquêter sur un cadavre bloqué dans une falaise. Les pistes suivies par les enquêteurs, vont les conduire en Russie et en France, pour déjouer une filière de traite d’enfants et leur faire vivre des situations extrêmement dangereuses.
De manière aussi approfondie qu’avec ” Yeruldelgger” Ian Manook, décortique les effets de la regrettable “colonisation” soviétique en Mongolie : vol des richesses naturelles, corruption, pollution, architecture peu respectueuse de la beauté sauvage du pays. Avec brio, il mêle références historiques, politiques qui enracinent le récit dans un vécu pas si lointain (années 80) et le rendent fort crédible. La description de Mardai, ville minière d’uranium, secrètement exploitée par l’URSS est confondante de réalisme. Les descriptions des coutumes, plats culinaires, paysages nous invitent toujours autant au voyage, et en font un des points forts de cet écrivain. Une déception pourtant : le déroulement de l’intrigue et le côté “surhomme” de Yeruldegger qui nuisent par un excès d’exagération à la crédibilité de l’histoire. Un bon polar tout de même.

Extraits : “Engoncée dans sa parka polaire, l’inspecteur Oyun essayait de comprendre l’empilement des choses. Elle s’était accroupie dans la neige qui crissait et s’était penchée pour mieux voir. Le froid lui tailladait les pupilles et l’air glacé lui griffait le sinus à chaque inspiration. C’était comme respirer des brisures de verre. Autour d’elle un autre terrible dzüüd vitrifiait la steppe immaculée. Pour la troisième année consécutive, le malheur blanc frappait le pays. De trop longs hivers polaires qui suivaient de trop courts étés caniculaires.”

“Quand il reporta son attention sur le corps d’Agop, le yack était là, qui léchait le visage de celui qui avait été son maître. L’émotion gagna le policier. Il s’approcha de l’animal, empoigna la fourrure de sa bête hirsute, et l’attira contre lui.
-Mon pauvre Grandgousier, que s’est-il passé ? Tu t’es couché sur lui pour lui donner ta chaleur, c’est ça ? Pour le garder en vie jusqu’à ce que quelqu’un arrive. Jusqu’à ce que moi, j’arrive. Et j’arrive trop tard ! Je te demande pardon, Grandgousier, et je…
Comme il le serrait plus fort, son bras glissa sur un objet au milieu de la tignasse de l’animal.”

“La ligne n’était plus électrifiée et le train se traîna jusqu’à Krasnokamensk à travers un paysage de lendemain de guerre. Très vie Yeruldelgger ne put détacher son regard de cette désolation. Des plaines et des forêts ravagées, asphyxiées de scories. Des usines n’importe où, comme des insectes monstrueux qui s’acharnait sur une terre meurtrie. La construction de la ville avait été décidée à la fin des années soixante, pendant que la jeunesse occidentale redécouvrait la plage sous les pavés, et mise en oeuvre par les légions de volontaires communistes envoyées construire la Ville Rouge de l’Uranium.”

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