Suite Française

Suite Française Irène Némirovski. Editions Denoël
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Suite Française

Irène Némirovsky

Editions Denoël
21 €
Roman

Juin 1940, l’arrivée des troupes allemandes provoque l’exode des Parisiens. Parmi eux, nous suivons les Péricaud, catholiques bourgeois, habitués au faste et à l’aisance, parents de cinq enfants. Mme Péricaud n’est pas apeurée par la violence et le chaos de la débâcle, juste étonnée que cela soit possible. Avec égoïsme, indifférente à la détresse humaine qui l’entoure, elle essaie de sauver son patrimoine et met tout en oeuvre pour conserver habitudes et apparences.
Autre portrait, celui de Charles Langelet, très aisé financièrement, un esthète, collectionneur de porcelaines que la beauté de son environnement protège. Il ne veut pas vivre la laideur de la guerre avec son cortège de désordre, de haine. Méfiant, ne manifestant aucune solidarité, il cherche juste à sauvegarder ses objets précieux garant de son univers. C’est un être vil, tout à son mépris des “petites gens”. Il n’hésitera pas à voler de l’essence à un couple de jeunes mariés rencontré sur la route.

Dans ce très beau roman, véritable documentaire, l’auteur traque avec lucidité et sans concession le désordre, la vanité, les innombrables lâchetés et le manque de solidarité de la population qui cherche à fuir. Riches et pauvres se côtoient et vivent cette guerre en conformité avec leur milieu, sans réelle solidarité, avec mépris les uns pour les autres : les pauvres avec bons sens et fatalisme, l’âme endurcie par trop de labeur et les riches qui commettent des exactions pour ne pas vivre une existence ordinaire.
Irène Némirovsky retrace également avec beaucoup de lucidité la débandade des dernières poches de résistance de l’armée française, des soldats sans armes et apeurés, l’occupation où se mêlent accommodation, tolérance, aversion, hypocrisie et tensions sociales…
Tout ce qui est écrit ici sonne vrai. Sans exagération, mais avec férocité.

Extraits : “De peur, ils voulaient partir mais la routine était plus forte que la terreur, et ils tenaient à ce que tout fût accompli selon les rites qui précédaient les départs pour la campagne au moment des vacances. Tout devait se trouver dans les malles à sa place accoutumée. Ils n’avaient pas compris réellement ce qui arrivait. Ils agissaient en deux temps, eût-on dit, à demi dans le présent et plongés à demi dans le passé, comme si les évènements n’eussent pénétré que dans une faible partie de leur conscience, la plus superficielle, laissant toute une région profonde endormie dans la quiétude.”

“Qu’ils ont l’air fatigués, qu’ils ont chaud !” répétaient les gens mais aucun n’avait l’idée d’ouvrir sa porte, d’inviter chez lui un de ces malheureux, de le faire pénétrer dans un de ces petits paradis ombreux que l’on apercevait vaguement derrière la maison, un banc de bois sous une charmille, ses groseilliers et ses roses. Il y avait trop de réfugiés.”

“Mais après quelques instants de marche, ils virent les premiers morts : deux hommes et une femme. Leurs corps étaient déchiquetés et par hasard leurs trois visages demeuraient intacts, de si mornes, de si ordinaires visages, avec une expression étonnée, appliquée et stupide comme s’ils essayaient en vain de comprendre ce qui leur arrivait, si peu faits, mon Dieu, pour une mort guerrière, si peu faits pour la mort. La femme, de toute sa vie, n’avait pas dû prononcer autre chose que ” Les poireaux ont encore augmenté ” ou bien ” Qui c’est le cochon qui a sali mes carreaux ? “”

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