Puerto apache

Puerto Apache de Juan Martini - Editions Asphalte
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Puerto Apache

Juan Martini

Editions Asphalte
21,00  €
Roman 

Puerto Apache est un squatt autogéré, en plein coeur de Buenos Aires, que le Vieux, et d’autres fondateurs vieillissants, dirigent depuis 2000. Y vivent de la débrouille, des laissés pour compte, des marginaux, des hommes et des femmes qui ont voulu fuir la misère et trouver un endroit pour vivre. Mais la mafia qui gangrène le quartier cherche à prendre toujours plus de pouvoir… C’est là que vit le Rat, un voleur à la petite semaine. Il y survit surtout grâce à son excellente mémoire : elle lui permet de mémoriser, sans en comprendre le sens, des séries de chiffres, véritables codes secrets, et des les restituer aux caïds qui détiennent le trafic de drogue. Pour fuir un passage à tabac dont il ne connait ni le mandataire ni n’en comprend la raison, le Rat se cache à Puerto Apache. Dans cet univers qu’il maîtrise si bien, là où vivent tous ses amis mais également ses ennemis, il va fouiner et mener son enquête pour découvrir qui a voulu lui nuire…
L’enquête est l’occasion pour l’auteur de nous plonger au coeur du bidonville. Dépaysement assuré ! On se régale de cette galerie de portraits hauts en couleur : Cuper son pote de toujours ou Maru sa belle maîtresse, autant de personnages que fréquente ou croise Le Rat. Et puis, il y a des passages très fins, comme celui du reportage TV sur le bidonville. Ils permettent à Juan Martini de pointer le décalage qui existe entre certains nantis de la société argentine, et les habitants du bidonville.
Puerto Apache, c’est bien sûr un bon polar, noir à souhait, avec de tous les ingrédients du style : règlement de compte, trahison, magouilles, prostitution, argent sale. Mais aussi une tranche de vie, une histoire de résistance et de solidarité des déshérités argentins ; un hommage aux victimes de la crise, à tous ceux qui ne baissent pas les bras, s’organisent et sont heureux malgré tout.

 Extraits :  À Puerto Apache il y a, je sais pas, vingt ou trente blocs. On a tracé les rues, on a tiré au sort, on a donné à chacun sa parcelle, mais on a rien brûlé. S’il y avait des arbustes ou des plantes à déplacer, on les a déplacés. On est pas venus ici pour tout saccager. On est venu ici parce que les gens ont besoin d’un endroit pour vivre. Nous, on est réglos. On a nos embrouilles, comme tout le monde, parce qu’on a pas le choix mais on est réglos. Garmendia aime bien dire qu’on est arrivé ici au siècle dernier. C’est un sacré numéro, le vieux. Il va bientôt y passer, à cause de sa maladie, mais il n’a pas perdu son sens de l’humour. Et sa blague, elle cache une idée, bien sûr. Il dit qu’il faut faire valoir nos droits acquis. Il le dit comme ça. Avec ces mots là. Je ne sais pas d’où il les sort parce qu’il est con comme un balai. Mais il dit qu’il ne faut pas oublier qu’on a des droits acquis.

“Elle est toute neuve la bagnole de Cuper ou de la Mona Lisa, peu importe. Une de ces Fiat Mini dans le genre pot de yaourt comme on en voit maintenant, mais elle roule. Elle sent encore le neuf. Je sors de Puerto Apache avec, je rejoins l’avenue Cordoba en deux minutes et je m’engage. Dans ce sens, il n’y a pas trop de circulation. Tout le monde descend vers le centre-ville, le quartier des affaires, pour taffer, trimer, faire du business ou arnaquer les gens. Chacun son truc.”

Je cours après une histoire que je ne comprends pas, ou sur laquelle j’ai toujours un train de retard. Un soir, je manque de crever à cause d’une erreur ou d’un excès de zèle des types qui sont venus me casser la gueule. Je suis allé voir le Pélican, Monti et Barragan en pensant qu’ils me livreraient leurs secrets, et ils m’ont raconté leur vie avant même que je pose la première question. Mon 38 toujours bien au chaud à la ceinture. Pour être honnête, je dois avouer que les deux ou trois fois où j’ai brandi un flingue ou un couteau, je me suis ravisé. A chaque fois. ça veut pas dire que j’ai pas eu quelques surprises. C’est comme ça. Je cours après cette histoire, et quand j’arrive à rattraper le train, je me retrouve avec un cadavre sur les bras. C’est la règle du jeu.”

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