Un papa de sang

 
Un papa de sang - Jean Hitzfeld - Editions Gallimard
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Jean Hatzfeld

 

Editions Gallimard
 19,00 €
Récit

 

20 ans après le génocide des Tustsi, Jean Hatzfeld revient sur les collines de Nyamata où faut-il le rappeler entre 50 000 et 58 000 tutsis ont été massacrés par les Hutus. Dans ce recueil, il nous livre les témoignages de quelques enfants de rescapés et de bourreaux. Tous partagent le génocide en héritage. Ceux qui arrivent à évoquer l’horreur, parlent de parents coupés, d’enfants né de viols. Certains jeunes Tutsis sont animés d’une haine qu’ils taisent. Beaucoup évitent de poser des questions. Entendre la vérité semble moins nécessaire que taire de terribles secrets. Les enfants des tueurs, eux, ont peur des représailles. Ils feignent de méconnaître les actions de leurs parents et cherchent à se mettre «à l’abri des mots».  Mais tous «admettent que les méfaits de leurs pères ont gâché leur existence» et vivent dans la souffrance et la pauvreté dues à la disparition du père. L’auteur a recueilli avec bienveillance et respect les paroles que ces jeunes gens lui ont confiées. Toutes se mêlent et donnent une vision de leur présent et de l’avenir hypothéqués, remplies des fantômes du passé.

 Extraits :  ” C’est avec des jambes de sept ans que j’ai pris le chemin de l’école. C’était risquant. Je devais courir sans un stop car j’étais visé du doigt. Parfois j’entendais  crier : “Celui-là, c’est un enfant de tueur. Son père, on l’a bien vu, il levait sa machette à s’en casser le bras. La tuerie lui coule dans le sang”, je ne devais pas me retourner. D’autres fois, j’ai croisé des enfants plus courts que moi pour me lancer des crachats, j’ai été obligé de me cacher derrière les broussailles. Nombre d’adultes poussaient leurs enfants à nous harceler de moqueries. J’étais apeuré, ça se comprend.”

” J’ai quand même osé demander à ma mère la vérité. Elle a choisi sa voix la plus  douce, elle m’en a parlé dans les yeux. Elle m’a raconté que pendant le génocide des femmes pouvaient être fécondées par des êtres sauvages. Elle-même, après avoir été forcée par un Interahamwe, elle a été obligée de le suivre jusqu’au Congo. Il en a fait sa servante. C’est ainsi que je suis née. Depuis, je me sens cernée par un petit malaise.”

” De la bande d’Une saison de machettes, n’en restent ici que deux : Fulgence Bunani, renvoyé en prison à l’issue d’une séance de gaçaça, et Joseph-Désiré Bitero, dont la condamnation à mort a été commuée en perpétuité. Sa fille Fabiola a sauté dans ma camionnette pour venir. L’attente dure. Elle s’impatiente de ne pas savoir s’il sera autorisé à sortir, nerveuse aussi à l’idée de profiter au mieux des quelques minutes d’entretien qui leur seront accordées. Elle avait quatre ans lorsque son père a été enfermé ici. Actuellement, elle étudie dans un lycée technique près de Kibungo Préfecture. C’est une jeune fille ravissante et, comprend-on assez vite, d’un tempérament gai et timide. Dans une famille ordinaire, elle se baladerait au bras d’un amoureux, sinon déjà d’un mari. Au lieu de cela, solitaire, elle se tient toujours sur ses gardes. On la sent soupçonneuse. Elle se méfie sans doute moins des gens que du regard qu’ils portent sur elle.”

“Les personnes éprouvées par les machettes souffrent de tristesse. De colère aussi. Elles appuient sans gêne sur les détails dans les explications. Les parents parlent avec vigueur de leurs maux à leurs enfants. Leurs souvenirs ne truquent pas beaucoup. Plus tu souffres d’injustice dans l’existence, plus tu te poses de ljustes questions et plus tu fouilles les réponses. Chez les fautifs, c’est la sortie de prison qui te procure du courage à parler. A Rilima, dans la file d’attente des épouse, on ne parlait pas de nos enfants. Chaque famille fautive zigzaguait à sa manière. Encore aujourd’hui, nombre de malfaisants peaufinent des mensonges sur leur voyage au Congo, ils murmurent, le doigt pointé sur les rescapés. Les enfants boudent. A leur tout les enfants se faufilent, ils prétendent qu’ils ne savent rien parce qu’il n’y a rien à savoir.Mais la vérité rôde autour. Ils se cognent dessus parce qu’ils écoutent leurs camarades de classe.”

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