Notre quelque part

 
Notre quelque part - Nii Ayikwei Parkes - Editions Zulma
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Nii Ayikwei Parkes

 

Editions Zulma
 21,00 €
Roman

Tel un conteur qu’il n’est pourtant pas, Yao Poku, vieux chasseur respecté de tous, relate l’événement qui s’est abattu sur son village au Ghana où la vie allait son cours comme si la modernité n’était décidément qu’une passade sans lendemain…
La maîtresse d’un Ministre, qui portait une jupe petit petit là, venue au village pourchasser un oiseau à tête bleu, a découvert, terrorisée, un amas sanguinolent : viande, placenta, reste humain ? Le Ministre veut affirmer son autorité auprès de sa belle. Il saisit l’Inspecteur principal Donkor, aux méthodes plus que douteuses, qui voit là une occasion de devenir Inspecteur Général de Police. Fervent admirateur des séries « Les experts » et  «New York Police Judiciaire », Donkor est un fidèle représentant d’une police corrompue. Il fait arrêter Kayo Odamtten, médecin légiste de formation qui végète dans un laboratoire d’analyse biochimique, sous prétexte d’avoir pris part à un complot visant à renverser le gouvernement.
Voilà donc Kayo obligé d’enquêter ; de résoudre l’affaire ? Pas sûr. Mais en tout cas de faire parvenir au futur Inspecteur Général de la Police un rapport de sa mission d’investigation médico-légale en tant qu’expert. Bien qu’ayant fait ses études en Grande Bretagne, Kayo n’a pas oublié les bonnes manières héritées de sa culture : le dialecte de son ethnie, le respect dû aux anciens, l’organisation sociale qui régente le village et l’intérêt qu’il y a toujours à écouter une belle histoire, découvrir le secret d’une prophétie devant une calebasse de vin de palme…
Sous ses airs de roman policier au ton picaresque Notre quelque part est une histoire qui nous pousse à nous interroger sur les difficultés de la société africaine en pleine mutation, prise entre technologies et croyances séculaires. La critique sociale est omniprésente : corruption à tous les étages, sort des femmes. Malgré la modernité de son histoire, Nii Ayikwei Parkes reste fidèle à la tradition des contes. Comme la plupart des conteurs, son narrateur est un vieillard, un sage qui représente la tradition et la sagesse de la société. Le lecteur est souvent ravi de la profondeur de ses paroles. Il ferme le livre en ayant fait un beau voyage, à la découverte d’une autre façon de voir notre rapport au monde, à la vie, à la mort.
Raconter une histoire, orale pour les griots, roman pour les écrivains, c’est rencontrer les gens, livrer un point de vue. Avec Notre quelque part, Nii Ayikwei Parkes semble nous dire d’ouvrir grand les oreilles et les yeux de nos cœurs, pour nous emmener à l’école des ancêtres…

 Extraits :   ” Elle portait une jupe petit petit là. Et ça montrait toutes ses cuisses, sebi, mais les jambes de la fille étaient comme les pattes de devant de l’enfant de l’antilope – maaaigre seulement ! (C’est plus tard que j’ai appris qu’elle était la chérie d’un certain ministre. Hmm. Ce monde est très étonnant.) Son chauffeur portait kaki de haut en vas comme les colons d’en temps d’avant, et il voulait la calme, mais la fille secouait sa tête et elle criait seulement. Après un peu, elle a repris force et a commencé à courir vers une voiture claire façon qui était au bord de la route. Et le chasseur pourchassait son derrière comme la poussière.”

“Oui, il était en quête de justice, mais il ne connaissait que trop le système. Aucun jury ne prendrait au sérieux une prostituée ; ce serait jeter l’argent public par la fenêtre, et sans doute cela réduirait à néant toutes les chances que pouvait avoir cette fille de mener un jour une vie normale. Les hommes comme M. Acquah tombaient parfois amoureux de ce genre de fille ; ils en faisaient leur maîtresse, et parfois même finissaient par l’épouser. D’une certaine manière, la police avait tendance à se cantonner à ce rôle de maintien de la paix sociale, un peu comme les anciens dans les villages pendant des siècles. Sauf que la police avait aussi tendance à céder à l’appât du gain : libre, nul doute que M. Acquah paierait ses arriérés d’impôts et qu’en plus il ne manquerait pas de vouer une reconnaissance éternelle au sergent Mintah qui lui avait éviter la prison. Sa profonde gratitude s’exprimerait par des dons réguliers, des enveloppes à Noël et à Pâques et autres faveurs.”

“Kayo contemplait les vastes étendues de paysage de part et d’autre de la route, s’absorbait dans le vert luxuriant de la végétation. Il avait été émerveillé de découvrir la riche diversité de cette nature pendant le premier trajet d’Accra à Tafo : des collines qui semblaient se fondre dans un épais massif d’arbres gigantesques ; ici ou là un baobab se dressant telle une sentinelle grise au-dessus d’arbustes moins hauts : et au bord des routes la vie qui allait son cours, comme si la modernité n’était décidément qu’une passade sans lendemain. Des enfants portaient en équilibre sur la tête des plateaux d’ignames, de manioc, ou de paniers de tomates ; des paysans marchaient pieds et rose nus sous l’ombrage, faisant danser contre leurs flancs des coupe-coupe – et tous ces gens, tous, savaient la langue de la forêt ; une langue que Kayo, lui, ne connaissait pas.”

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