Nom d’un chien

Non d'un chien - André Alexis - Editions Denoël
  • Facebook
  • Twitter
  • Google+
  • Pinterest

André Alexis

 

Editions Denoël
 16,00 €
Roman

Quel curieux roman nous propose l’écrivain canadien André Alexis ! C’est une histoire de chiens, mais une histoire de chiens comme vous n’en avez jamais entendue. Ecoutez plutôt … Deux dieux grecs, Apollon et Mercure, descendus de l’Olympe faire un petit tour sur terre à Toronto, discutent de la condition humaine. Si les animaux avaient l’intelligence humaine, seraient-ils moins malheureux que les hommes ? Il font un pari : Hermès gagnera si l’une des créatures ainsi douées de raison est heureuse à la fin de sa vie.
Chez un vétérinaire, les dieux trouvent une douzaine de chiens abandonnés par leurs maîtres, leur donnent conscience et langage, et l’aventure peut commencer. Nous suivons cette meute qui, d’un commun accord, se dirige vers un grand parc en bordure du lac. Comme leurs sensations sont étranges et leurs impressions déconcertantes ! Ils se divisent tout d’abord en deux groupes, car certains d’entre eux rejettent la nouvelle façon de voir le monde tandis que d’autres y adhèrent volontiers. Chaque jour, il faut penser à chercher à manger et à trouver un endroit paisible et bien caché pour dormir. Les amitiés se nouent, les inimitiés deviennent dramatiques, il y a des exécutions brutales. Quelques uns se rapprochent des hommes, ce qui n’est pas toujours facile… Leurs vies et leurs pensées nous sont décrites avec une profondeur et une justesse attachantes.
Mais tout au long de ces quelques mois d’aventure, la part la plus étonnante de ce roman est en filigrane ; c’est une réflexion à la fois tendre et désabusée sur la condition humaine, sur le langage, sur la pensée.Les chiens s’interrogent sur leur nouvelle forme de société, sur la hiérarchie et la liberté individuelle, sur la vie, la souffrance et la mort. Tous sont intéressants, même avec leurs défauts. On n’oubliera pas Majnoun, qui questionne Hermès sur l’amour et que le dieu aide à mourir, ainsi que Prince qui compose de si beaux poèmes et qui meurt enfin heureux. Un roman que l’on a du mal à quitter et auquel on pense longtemps après.

 Extraits :  “Dans la taverne, les dieux entamèrent une conversation à bâtons rompus à propos de la nature de l’être humain. Pour s’amuser, ils parlaient le grec ancien, et Apollon avança qu’en tant que créatures, les humains n’étaient ni meilleurs ni pires que les autres, ni meilleurs ni pires que les puces et les éléphants, disons. D’après lui, les humains n’avaient pas de mérite particulier, même s’ils se sentaient supérieurs. Hermès adopta le point de vue opposé, arguant que, entr’autre, la façon dont les humains créaient et utilisaient des symboles était plus intéressante que, par exemple, la danse complexe des abeilles.”

“Parmi les autres chiens, Prince était celui qui embêtait le plus Frick, Frack et Max. Prince était une sorte de bâtard à la figure brun-roux, avec une petite tache blanche sur le poitrail. Il se montrait toujours accommodant, on pouvait le dominer. Le plus irritant, c’était ses étranges idées. C’était lui qui avait divisé la journée en segments. C’était lui qui posait d’incessantes questions sur des choses triviales : sur les humains, sur la mer, sur les arbres, sur ses odeurs préférées ( la chair d’oiseau, l’herbe, les hot-dogs), sur le disque jaune au-dessus de leurs têtes dans la lumière duquel on avait chaud.”

“Que ce changement était étrange ! Un jour, en écoutant des humains qui s’adressaient à leur animal de compagnie, Majnoun ressentit une chose curieuse. C’était comme si, en un instant, le soleil avait dissipé un épais brouillard matinal. Il comprenait ce que les humains étaient entrain de dire ! Il ne comprenait pas seulement certains mots – des mots qu’il avait déjà entendus des milliers de fois. Il pensait qu’il comprenait les pensées derrière les mots. Pour autant qu’il sût, aucun chien n’avait jamais compris un humain comme lui-même les comprenait en ce moment. Majnoun ne savait pas trop s’il s’agissait d’une bénédiction ou d’une malédiction, mais cette nouvelle chose – cette compréhension – exigeait probablement un changement de comportement, quelque chose qui les aide à s’adapter à l’étrangeté persistante de ce monde nouveau.”

À lire aussi...

100 idées reçues qui vous empêchent d'aller bien - Alexandra Dalu - Leduc Editions

Les 100 idées reçues qui vous empêchent d’aller bien

"Les 100 idées reçues qui vous empêchent d'aller bien", est un guide clair qui nous apporte des réponses précises, des conseils éclairés, sur différents sujets comme l' alimentation, le sport, le sommeil, pour nous permettre de démêler le vrai du faux et de cette façon, apprendre à prendre soin de nous.

Laisser un commentaire

0
Connecting
Please wait...
Send a message

Sorry, we aren't online at the moment. Leave a message.

Your name
* Email
* Describe your issue
Login now

Need more help? Save time by starting your support request online.

Your name
* Email
* Describe your issue
We're online!
Feedback

Help us help you better! Feel free to leave us any additional feedback.

How do you rate our support?

Pin It on Pinterest

Share This