La sirène

La sirène de Camillia  Läckberg - Editions Actes Sud  Noir
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La sirène

Camilla Läckberg 

Editions Actes Sud Babel Noir
9,70 €
Roman policier

 A Fjällbacka, charmante petite bourgade suédoise, un homme a disparu. L’inspecteur Patrick Hedström et son équipe n’ont aucune piste à suivre, au grand désespoir de l’épouse qui vient toutes les semaines s’enquérir des avancées de l’enquête. Pendant ce temps, Erika Hedström, la femme de l’inspecteur, également journaliste et romancière, essaie de comprendre le mystère qui plane autour de Christian, un écrivain qu’elle considère comme un ami. Il a tout pour être heureux. Il vient de publier avec beaucoup de succès un premier roman « La sirène ». Sa femme et ses enfants l’adorent. Et pourtant… Inquiet, nerveux, il n’apprécie pas la visibilité que lui procure la notoriété. Il semble ne pas avoir de passé et a manifestement quelque chose à cacher. Avec beaucoup de réticence, Christian lui confie recevoir des lettres anonymes depuis plusieurs mois. Malgré son état, (elle est enceinte de jumeaux), poussée par la curiosité inhérente aux journalistes et la sollicitude envers ceux qui souffrent, elle ne peut s’empêcher de chercher, de fouiner, jusqu’à s’immiscer dans le travail de son mari. Et bien évidemment, grâce à sa perspicacité, à une connaissance intuitive de la psychologie humaine et à quelques indiscrétions que la police suédoise ne peut commettre, elle va grandement faire avancer l’enquête.

Depuis “Psychose” le film d’Alfred Hitchock, beaucoup d’écrivains de thrillers ont repris le thème de la schizophrénie, du dédoublement de personnalité. Ils ont écrit des histoires effrayantes, sordides, improbables, sans aucunes mesures avec la réalité de cette maladie mentale. Camilla Läckberg, elle, humanise son approche. Elle décrit avec compréhension et retenue la souffrance psychique. Elle ne fait pas de Christian un monstre sadique, assoiffé de sang mais une personne malade, installée dans sa souffrance depuis l’enfance et ayant perdu le contact avec ses proches et la réalité. Avec une intrigue habilement construite, des changements de décors et de personnages à chaque chapitre, “La sirène” est un roman captivant qui nous happe totalement. L’histoire est légèrement oppressante, pleine de rebondissements et comme souvent dans l’univers narratif de l’auteur, le passé est imbriqué dans le présent. Le passé, c’est une voix qu’on découvre être celle d’un enfant maltraité. C’est lui le véritable héros du livre et l’auteur avec beaucoup de sensibilité lui fait une belle place au sein du roman.
Camilla Läckberg est également douée pour faire exister les autres personnages du roman. Le lecteur les suit tant dans leurs recherches pour faire avancer l’enquête, que dans leur vie privée : les rituels du coucher des enfants, les changements de couches, le désordre de leur domicile, leurs infidélités, leurs manques, leur épuisement… On les écoute, on les voit vivre. On les sent profondément humains, et pas si éloignés que cela de nos propres existences. Seule la fin du roman est dérangeante : elle nous pousse à attendre avec impatience les prochaines aventures d’Erika Hedström…

Extraits : “Pour la première fois, Erik sentit la panique prendre le dessus. Christian était mort. Il pendouillait comme une poupée de chiffon au plongeoir de Badholmen. C’était une policière qui avait appelé pour le mettre au courant. Elle lui avait conseillé de rester prudent, et avait précisé qu’il pouvait les contacter à tout moment. Il l’avait remerciée et dit que ce ne serait sans doute pas nécessaire. Il ne savait vraiment pas qui essayait de les atteindre. Mais il n’avait pas l’intention de rester là, à attendre son tour. Cette fois, comme toutes les autres fois, il allait reprendre le contrôle. La transpiration imbibait sa chemise, signe qu’il n’était pas aussi calme qu’il essayait de s’en convaincre. Le téléphone était resté dans sa main et avec des doigts maladroits il composa le numéro de Kenneth. Cinq sonneries avant que le répondeur ne s’enclenche. Agacé, il raccrocha et balança son portable sur le bureau. Il devait absolument procéder rationnellement et réfléchir à tout ce qu’il avait à faire maintenant.”

Christian ne put que secouer la tête. Des images surgirent en lui qu’il refoula immédiatement.  Il ne devait pas les laisser prendre le contrôle. Le journaliste ne prêta aucune attention à sa répugnance manifeste à répondre aux questions. Ou alors il s’en rendait compte mais s’en fichait  totalement.
– J’ai cru comprendre que les menaces ont commencé bien avant qu’on parle de vous et de votre livre dans les médias. Ce qui laisse supposer que c’est personnel. Vous avez un commentaire à faire là-dessus ?
De nouveau, Christian fut incapable de répondre. Il serra si fort les mâchoires que son visage se transforma en un masque figé. Il voulut se sauver, ne plus être confronté à ces questions, ne plus avoir à penser à elle, au fait qu’elle avait fini par le rattraper après tant d’années. Il ne fallait pas qu’il la laisse entrer à nouveau. En même temps, il savait qu’il était déjà trop tard. Elle était ici, il ne pouvait plus s’enfuir. Il ne l’avait peut-être jamais pu.”

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