Humeur noire à Venise

Humeur noire à Venise de Olivier Barde-Cabuçon - actes noirs Actes Sud
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Humeur noire à Venise

Olivier Barde-Cabuçon.

Editions Actes Sud
22 €
Roman Policier

Le Chevalier de Volnay, que le roi Louis XV a nommé Commissaire aux morts étranges, a été appelé par son ancienne amoureuse vénitienne, Chiara. Elle lui écrivait que des pendus, à l’aube, sous les ponts, se balançaient au vent comme autant de fleurs coupées, puis demandait son aide pour un de ses cousins en grand danger d’être assassiné. Volnay ne vient pas seul, il emmène avec lui son père, dit le moine, plongé dans une neurasthénie profonde après la perte de l’être aimé. Au fil des pages, ils vont rencontrer une jeune fille travestie en garçon, charmante et attachante, une très belle vénitienne dont la beauté et le dédain vont attirer le Chevalier, un auteur dramatique, Carlo Goldoni, et quelques représentants de grandes familles dont l’orgueil et la morgue cachent mal la ruine qui approche. A Venise, Volnay s’apercevra qu’il ne dispose d’aucune aide ni d’aucun pouvoir ; on souhaiterait même le dissuader de poursuivre l’enquête… Mais il n’est pas facile de ralentir le commissaire aux morts étranges une fois qu’il est sur une piste. La Sérénissime, qui avait connu une telle puissance, une telle gloire jusqu’au XVIIème siècle, décline maintenant.
Des descriptionsOlivier Barde-Capuçon nous conte, au fil des pages et au fil des heures, son histoire, ses coutumes, sa beauté. On a beau savoir que derrière ces façades étincelantes les murs des palais sont décrépis, et qu’après les fêtes somptueuses vient le temps du crime et de la ruine, Venise reste encore et toujours une ville fascinante.

Extraits : “L’édification de Venise était le fruit d’un âpre combat contre la mer. De l’obstination d’un peuple de bâtisseurs, une cité de pierre et de marbre émergeait, en suspension entre ciel et mer, défiant les lois de la gravité, seulement portée par des pieux. La beauté n’en est que plus belle lorsque elle est éphémère. Volnay fit arrêter la voiture pour admirer la vision de cette ville en apesanteur, les flancs caressés par l’eau. Il fit descendre le moine et, côte à côte, le père et le fils se tinrent, frissonnants dans l’air encore saturé d’humidité. La cité flottante se hérissait de clochers et de mâts de bateaux. Voilé d’azur, le soleil levant illuminait de ses rayons les toits des palais et l’eau des canaux renvoyait l’image déformée de ceux-ci à l’infini.”

 “– J’avoue que je ne vous comprends pas toujours, dit Amarilli. Pourquoi ne pas laisser les morts reposer en paix ?
– Parce qu’ils ne le sont pas tant que nous n’avons pas retrouvé leur meurtrier.
– Qu’en savez-vous ? s’écria la comtesse d’une voix soudain aiguë.
– Le monde se porte parfois mieux lorsqu’elle est enfouie profondément.
Volnay la considéra avec curiosité.
– Pourquoi dites-vous cela ?
Elle fit quelques pas dans la pièce, effleurant au passage les divers objets ayant appartenu à son père.
– Nous sommes à Venise, chuchota-t-elle enfin d’une voix faible. Tout est plus compliqué qu’ailleurs.”

 “La lumière crémeuse de l’aube envahissait la ville . Dans le bassin de Saint Marc, des barques promenaient de petites silhouettes fragiles, encapuchonnées et masquées. Dessous les manteaux dépassaient parfois les plis de robes rouges. Un silence étourdissant accompagnait l’étrange flottille. Les passants sur le quai s’étaient immobilisés, troublés par la grâce de cette promenade fantomatique.
– Qui sont-elles ? s’enquit le moine.
– Des petites pensionnaires, expliqua Chiara. Elles ne sortent de l’hospice qu’une fois le mois. On les amène se promener en barque.
– Pauvres enfants…”

 “Amarilli se promenait sur l’îlot avec ce qu’elle pensait être Lélio, un drôle de jeune homme aux sentiments exacerbés, gai, léger et, parfois, d’une étonnante gravité. Il prétendait avoir dix-huit ans mais il devait en avoir seize. La passion de cette extrême jeunesse pour quelqu’un de trente ans la touchait et, quelque part, la rassurait. Lélio la courtisait avec une constance et une foi sincères. Ses discours théâtraux l’amusaient. Il lui demandait présentement de baisser le pont-levis de ses réticences devant la fougue de son ardeur.

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