La gourmandise et la faim

La gourmandise et la faim de Jean-Claude Bonnet - Editions Le Livre de Poche
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Jean-Claude Bonnet

Editions Poche
8,10 €
Essai

J.-C. Bonnet situe sa recherche de 1730 à 1830, c’est-à-dire entre Louis XIV et la Restauration, à l’époque où la gastronomie naît en France et devient un véritable art de vivre. Ce livre n’est pas du tout ardu ni ennuyeux, on s’y amuse même beaucoup. On peut s’y promener, de chapitre en chapitre, on peut y musarder, il suffit de regarder le sommaire pour avoir l’eau à la bouche ! Après une introduction, certes un peu austère (on peut la garder pour la fin !), vient l’étude des civilités qui sont en fait des manuels de savoir-vivre pour les adultes et les enfants. Puis la parole est donnée aux grands auteurs qui ont apprécié la bonne chère et l’ont écrit : Chateaubriand, le voyageur, J.-J. Rousseau, l’homme aux goûts simples, écolo avant l’heure, Diderot, l’amoureux de la vie et son appétit dévorant, et enfin Louis Sébastien Mercier, écrivain moins connu, qui a laissé un témoignage vivant, pittoresque et souvent caustique du Piéton de Paris. L’historien n’oublie certes pas l’étude des disettes et des émeutes qui ont précédé la Révolution, car nous le savons bien, la vie n’était pas facile pour le plus grand nombre à cette époque. Pour terminer, l’auteur nous offre un vivant portrait de Grimod de la Reynière, le fameux gastronome, qui a permis “que l’art culinaire soit consacré comme un fleuron de notre culture nationale”, et enfin d’Antoine Carême qui eut, en son temps, une telle renommée qu’on le surnomma “le Napoléon de la cuisine”! Un livre à savourer sans retenue !

 Extraits :  “Quand on mange, il ne faut pas manger vite ni goulûment, quelque faim que l’on ait, de peur de s’engouer. Il ne faut pas manger jusqu’à s’en faire venir le hoquet. Il faut boire d’une haleine et posément de peur de s’ennouer . (Civilité – 1672) . Ces intéressants vieux mots – s’engouer – s’ennouer – évoquent très précisément le « nœud » du gosier, c’est-à-dire ce carrefour dangereux où différentes fonctions – parler – respirer – avaler – peuvent susciter de graves dysfonctionnements.”

La pomme de terre ( article de l’Encyclopédie )
“Les personnes un peu aisées l’accommodent avec du beurre, la mangent avec de la viande, en font des sortes de beignets. Cette racine de quelque manière qu’on l’apprête est fade, farineuse. Elle ne saurait être comptée parmi les aliments agréables ; mais elle fournit un aliment abondant et assez salutaire aux hommes qui ne demandent qu’à se sustenter. On reproche avec raison à la pomme de terre d’être venteuse ; mais qu’est-ce que des vents pour les organes vigoureux des paysans et des manœuvres ?”

Fête des rois – Grimod de la Reynière
“Les funestes événements de 1793 firent disparaître la royauté même à table. On serait devenu plus que suspect en tirant la fève, et le Directoire continua de faire aux pâtissiers et à leurs gâteaux la guerre à mort que leur avait déclarée Robespierre. Cet état de chose dura jusqu’après le 18 Brumaire de l’an VIII. Alors, on vit renaître peu à peu les anciens usages. Le gouvernement, fort de ses vertus et de sa puissance, ne crut point le salut de la république compromis par un gâteau.”

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