Entre frères de sang

 

Entre frères de sang - Roman de Ernst Haffner Edition Presse de la Cité
  • Facebook
  • Twitter
  • Google+
  • Pinterest

Entre frères de sang

Ernst Haffner

 Presses de la cité
20 €
Roman historique

Berlin 1930 en pleine dépression économique et sociale. L’auteur, journaliste et travailleur social suit le parcours des   Frères de sang, une bande de jeunes qui vivent dans la rue, affrontant le froid, la faim, l’Assistance Sociale et la prison et à travers eux dépeint la société en pleine débâcle morale.

Sans papier donc sans possibilité de travailler et trouver un logement, pour survivre à la misère et échapper aux règles pesantes et aux brutalités des foyers sociaux, certains d’entre eux volent, d’autres se prostituent, d’autres plus débrouillards tels Willi et Ludwing se créent un petit commerce qui les maintient hors de la délinquance. Perpétuellement sur le qui-vive, tous cependant souffrent de la peur. Peur de la police, des gangs qui cherchent à les dépouiller, du froid qui les rattrape et les faire mourir dans l’indifférence générale. Seules, la liberté, leur fraternité et leur solidarité s’opposent à la violence qui leur est faite.

Ernst Haffner a écrit un récit poignant, réaliste et parfois déplaisant. L’écriture agit comme un miroir. Nous acceptons alors d’y voir “réfléchi”, ce que nous connaissons à nouveau : une crise qui s’installe pour les plus pauvres, les petits boulots inconnus jusqu’à là qui vont permettre la survie de ceux qui sont encore socialisés. L’empathie de l’auteur pour ses personnages, leurs luttes pour garder figure humaine et dignité nous rend ce roman captivant.

Extraits : “Franz passe maintenant aux explications détaillées. Bien avant le départ, quand le train est encore sur la voie de garage, le passager clandestin doit se glisser sous le wagon et s’assoir sur l’essieu. C’est là, à tout juste cinquante centimètres du sol, qu’il faudra tenir bon. S’endormir, c’est la mort assurée. Mais il y a aussi les pierres grosses comme le poing, projetées par le train lancé à grande vitesse, qui peuvent tuer. Ou les bras et les jambes qui s’engourdissent sous l’effet du froid et du manque de mouvement et qui ne peuvent plus soutenir le corps sur l’essieu….”

Le jour est venu. les rares personnes qui ne font pas encore partie de l’armée des six millions d’affamés se hâtent de rejoindre leur lieu de travail. Surtout ne pas arriver en retard. Le chef pourrait être de mauvaise humeur. Les grands magasins, les boutiques ouvrent leurs entrepôts bourrés à craquer. les vendeurs remontent les volets roulants de leurs vitrines où tout est disposé d’une manière si alléchante que les badauds en ont l’eau à la bouche. Mais avoir l’eau à la bouche ne rassasie pas, regarder ne rassasie pas, l’odeur de la nourriture qui se répand dans la rue par la porte ouverte ne rassasie pas !

Au début, c’était le monde du spectacle qui s’emparait du thème de la pègre et racontait des histoires à dormir debout. Maintenant, c’est la pègre elle-même qui s’offre en spectacle pour éviter de décevoir le public. Elle se sert même des petites annonces dans les journaux. Parmi les encadrés vantant les restaurants de luxe et les établissements chic où l’on peut danser, on lit des annonces accrocheuses : “Voulez-vous rencontrer le milieu de la pègre berlinoise ? Venez dans le plus célèbre restaurant d’Europe sur l’Alexanderplatz !” Peu importe que le plus célèbre restaurant d’Europe soit un inoffensif bar à putes. Voilà le “milieu”. Vive la grande ville de Berlin, le chapitre de la pègre est clos.”

À lire aussi...

La vie rêvée des morpions

Un livre original qui vous révélera pourquoi les poux adorent les selfies, comment la mode des sexes épilés nuit aux morions ou encore que le parasite le plus toxique au monde rajeunit les stars. Vous allez adorer !

Laisser un commentaire

Pin It on Pinterest

Share This