La corde

La corde. Stephen Aus Dem Siepen -Editions Archi Poche
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Stefan Aus Dem Siepen

Editions Achi Poche
 6,80 €
Roman 

 

Dans son village, à l’orée d’une forêt si profonde qu’on croirait celle de La Belle au bois dormant, Bernhart découvre dans l’herbe une corde, une grosse corde solide, inconnue, mystérieuse , qui disparaît parmi les arbres. A partir de ce moment, le bonheur tout simple de ce village qui vit au rythme des saisons, où ces hommes frustes vivent leurs amours et leurs travaux, leurs jeux et leurs fêtes, tout va se dérégler. Les hommes vont décider de suivre cette corde et d’en trouver l’origine. Bien que la moisson soit très proche, les voilà partis avec leurs flèches, leurs provisions et leurs outres d’eau à la taille. La forêt est certes bien menaçante et certains vont abandonner. Mais les autres vont poursuivre ce voyage difficile, comme si on leur avait jeté un sort, comme si cette curiosité irrépressible était plus forte que tout ce que le cœur et la raison leur dictaient. Femmes, enfants, moissons, plus rien n’existe hormis cette marche incessante le long de la corde qui fuit toujours vers l’horizon. Parmi eux, Rauk, l’instituteur, chétif et estropié, que les villageois considéraient avec timidité et méfiance, prend une place de chef, les berce de paroles enveloppantes et persuasives et rythme leur marche du son vif et entraînant de sa flute. Les hommes chassent, s’organisent mais, petit à petit, tout se dérègle. Sournoisement, les défauts humains s’exaspèrent et cela conduit le groupe à une violence effrénée.
Lisons-nous une légende, un conte, un roman ? L’auteur nous invite à une réflexion profonde sur la quête de l’impossible, sur l’avidité sans frein, sur la soif de connaissance qui peut mener à la folie. Comme les villageois suivant cette corde, nous n’arrivons pas à nous détacher de ce roman qui nous envoute jusqu’à la dernière page.

 Extraits : Bernhart aperçut, dans la prairie bordée par la forêt de sapins, quelque chose qui lui fit marquer le pas : une ligne sombre ondulant dans l’herbe, peu visible dans le clair de lune, pareille à un serpent – qu’est-ce que cela pouvait bien être ? Un peu plus lentement, les sourcils froncés, il avança dans cette direction. Il y avait une corde par terre – voilà tout… Plus déçu que curieux, il se pencha pour la voir de plus près et, dans sa surprise, ôta sa pipe de sa bouche en poussant un petit sifflement : pas n’importe quoi, sacredieu ! Cordée serrée ! Et grosse comme le pouce ! Personne dans le village ne possédait une corde pareille, c’était sûr – mais à qui pouvait-elle appartenir ?

“Les paysans étaient heureux. Sans cesse, ils fouillaient du regard le clair-obscur des taillis devant eux, ne se lassant pas du spectacle de la corde : tantôt, luisante sous le soleil, on la voyait nettement courir sur le sol, tantôt on la perdait de vue, enfouie sous le brun éteint des feuilles sèches. Son extrémité nulle part visible, elle s’étirait sans fin, fil incroyable courant à travers le labyrinthe des piliers. Plus ils avançaient, plus la corde avait d’emprise sur eux, tous étant en proie à un sentiment puissant et exaltant, le sentiment de vivre un événement qui, inédit dans l’histoire du village, avait rompu toutes les barrières de l’intelligible.”

“Les femmes continuaient à monter la garde à l’orée de la forêt. Elles ne disaient toujours presque rien… Elles restaient donc assises sur les bancs, muettes et patientes, s’abandonnant à leurs pensées qui suivaient toujours le même cours, livrées à la douleur de l’attente. Quand, à travers les troncs, elles sondaient du regard l’intérieur de la forêt, ce n’était pas dans l’espoir de voir revenir les hommes en cet instant, mais sous l’effet d’une habitude, maintenant mécanique, dont la seule utilité était de remplir un excès de temps libre.”

“Des coupes boisées se succédaient dans toutes les directions, un tissu vert tendre d’éminences et de dépressions … … A l’horizon, le vert se diluait en un gris vaporeux, les forêts, où l’on ne distinguait aucune forme concrète, fusionnaient avec le bleu pastel du ciel. On ne voyait nul essart pour rompre cette belle uniformité, nul filet de fumée sortant de l’âtre d’une maisonnette isolée et montant dans l’azur en zigzagant. Quelque part dans l’immensité, un aigle royal décrivait des cercles, fendant les airs comme un poisson fend l’eau. Il semblait non guetter une proie mais simplement prendre plaisir à planer sans effort, à dessiner dans l’espace des figures auxquelles aucun objectifs n’assignait de limites.

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