La chambre des morts

La chambres des morts de Franck Thilliez - Editions Le Passage
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La chambres des morts

Franck Thilliez

Editions Le Passage
12,90 €
Policier

Vigo et Sylvain, jeunes informaticiens au chômage, roulant à vitesse excessive et tous feux éteints, percutent un homme sorti de nulle part. Lanonymat de la nuit, l’absence de témoins et un sac trouvé sur les lieux contenant deux millions d’euros les persuadent de se débarrasser du corps afin d’éviter la prison. L’homme percuté était le père de Mélodie, kidnappée. Il devait livrer la rançon… Le corps de la petite fille est retrouvé le lendemain dans une mise en scène inquiétante, qui laisse présager l’œuvre d’un malade. L’affaire est confiée au commissariat de Dunkerque. Après un congé maternité, Lucie Hennebelle est de retour à la criminelle. Brigadier, elle est confinée aux tâches administratives et aux petites enquêtes de quartier. Par manque d’effectif, Lucie va participer à l’enquête et plonger dans un véritable cauchemar : une autre fillette vient d’être enlevée…
L’art de faire peur
Malgré l’ambiance glauque, ou plutôt à cause d’elle, La chambre des morts se dévore d’une seule traite. Thilliez sait parfaitement installer une atmosphère sordide, laisser planer la cruauté et l’horreur. Une sensation d’extrême froideur, un détachement vis-à-vis de la souffrance humaine, voilà qui nous emmènent au cœur de la perversion. Thilliez fouille parmi toutes les terreurs primitives enfouies au fond de l’être humain et, avec un détachement d’homme de science, les réinjecte dans son roman. Avec lui, même la beauté devient effrayante. Le style utilisé, parfois hachuré, saccadé, est comme un souffle court ; celui de quelqu’un d’estomaqué, de choqué.
Les descriptions de la région nord, et particulièrement des villes minières devenues mouroirs avec l’extinction de l’industrie charbonnières, participent elles aussi à créer une ambiance pesante. Comment enfin ne pas être séduit par Lucie Hennebelle ! Une enquêtrice naît sous nos yeux. L’excitation de la traque, la fascination pour les psychopathes, ses idées, les déductions et la part noire qu’elle cache au fond d’elle… Tout l’aide à saisir les motivations de l’assassin : un besoin de mal absolu dans une quête de vie éternelle.
Un seul bémol à cet excellent polar, l’utilisation quelques métaphores alambiquées au risque de faire décrocher le lecteur.

  Extraits : “Maintenant ou jamais ! Éléonore planta l’aiguille d’acier dans la cheville droite et pressa avec hargne le poussoir.
Ses espoirs de fuite n’eurent pas le temps de se matérialiser. Une araignée de doigts puissants se referma sur sa chevelure au moment où elle se faufilait hors de la prison. Stoppée net dans son élan, elle crut que son crâne allait se fendre en deux. Elle hurla de toutes ses forces.
– Petite garce ! hurla plus fort encore la silhouette.
Eléonore ne put esquiver la gifle qui manque de lui arracher la tête. Des points lumineux se déversèrent sous ses paupières lorsqu’elle percuta un mur avec violence. La femme pesta en fracassant la seringue sur le béton.
– Qu’est-ce que tu m’as injecté ? Je vais te saigner, sale putain ! Attends un peu !
Des claquements sourds, des cris distordus, les raclements d’une lame. De plus en plus proches. Les yeux d’Éléonore s’ouvrirent pour graver une image de folie sur leurs rétines. Le fauve se dressait devant elle, le visage dans l’ombre, une haleine rance, un couteau cranté brandi au-dessus de la tête.
C’était la fin. Le bras s’abattait déjà.
La dernière pensée d’Éléonore se porta vers sa mère…”

 “Nous ne connaissons la mort qu’au travers autrui, par les médias ou par les livres. Notre propre mort nous effraie, à tel point que nous essayons de la repousser par toutes sortes d’artifices : maquillage, crèmes, liftings, silicone. Fragonard, lui, ne passe pas par quatre chemins. Il nous confronte à notre réelle nature, à ce que nous sommes au plus profond de nous : des êtres de chair et de sang. L’apparence physique n’est qu’un leurre, un trompe-l’œil qui cache la douleur, la maladie, la mort. “

 “Lucie oublia de respirer. Cette chambre des morts, d’une beauté indéfinissable, exerçait sur son être une emprise titanesque. L’horreur dévoilait dans cette pièce tout ce qu’elle avait de plus puissant. Le tableau défait la logique des rêves, l’animosité des cauchemars.
La mise à plat de la plus belles des folies.
Lucie se ressaisit. Que faisait-elle à genoux ? Reprenant son souffle avec difficulté, elle se retourna vers la sortie et remarqua un lit dans un renfoncement éclairé par une lampe aux dominantes violettes. Des draps défaits, un oreiller chiffonné. Un nid d’enfant autour duquel veillaient des dizaines de poupées anciennes, les yeux grands ouverts, un sourire calme. Si belles, tellement effrayantes. Sur le sol, tout autour, des mouches, des centaines de mouches piquées d’une aiguille en plein abdomen. Morbide essaim de trompes et d’yeux bleutés. Sur le côté, une table de chevet encombrée de cadres, de photos. Lucie traversa avec prudence l’armée des insectes, oubliant de surveiller l’issue. Des puissances démentes la transportaient. Elle avait perforé le cerveau du tueur…”

 

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